
Les nouveautés 2026 dans les parcs d'attractions français
La saison 2026 vient officiellement d'ouvrir, et il y a de la matière. Pour inaugurer un format plus posé et plus direct, on s'assoit, on prend un café et on fait le tour de France des nouveautés. Disney qui efface son passé, le Parc Spirou qui mise des dizaines de millions sur Naruto, RMC qui débarque dans l'Oise pour sauver un coaster en bois, la méthode de survie controversée du groupe Aspro, et une rafale de pépites régionales qui investissent petit mais juste : voici ce qu'il faut retenir de 2026 dans les parcs français.
Une vidéo de la chaîne Parzy — l'envers du décor des parcs d'attractions.
S'abonner à la chaîne parcs1. Disney Adventure World : World of Frozen, la grosse nouveauté de Marne-la-Vallée
Aujourd'hui, on teste un format plus posé, plus direct : on s'assoit, on prend un café et on analyse les news ensemble. Et le timing est parfait, puisque la saison 2026 vient officiellement d'ouvrir.
Impossible de ne pas commencer par l'éléphant dans la pièce : les Walt Disney Studios n'existent plus. Le parc s'appelle désormais Disney Adventure World, et cette année, on récolte enfin les fruits du changement avec World of Frozen.
Frozen Ever After : le point d'orgue. Sur le papier, un boat ride, une balade en bateau. Techniquement, c'est l'importation de ce qui se fait de mieux chez Walt Disney Imagineering en animatroniques électriques de dernière génération. Finis les fluides hydrauliques qui saccadent : des moteurs ultra-précis donnent des mouvements d'une fluidité troublante.
Raiponce Tangled Spin : un manège de tasses thématisé.
Disney Cascade of Lights : le grand spectacle nocturne sur le nouveau lac.
Est-ce que ça vaut les 2 milliards d'euros du plan d'investissement global ? J'ai déjà donné mon avis détaillé sur la chaîne. La vérité, c'est que ce parc avait besoin de capacité et d'espace pour respirer. C'est chose faite.
2. Parc Spirou : Konoha Land, le vrai pari industriel de 2026
Mais 2 milliards, c'est abstrait : de l'économie de multinationale américaine. S'il y a un vrai pari industriel cette année en France, il n'est pas à Marne-la-Vallée, il est dans le Vaucluse, au Parc Spirou.
Le parc ouvre Konoha Land, 15 000 m² dédiés au manga Naruto. C'est le premier parc français à miser sur une licence manga de cette ampleur : 250 millions de tomes vendus dans le monde. Et ils ne font pas semblant.
Kyûbi Unchained : la pièce maîtresse, un Family Thrill Launch Coaster signé Zamperla. 670 mètres de rail physique, mais plus d'un kilomètre parcouru grâce aux allers-retours, une flèche en marche arrière et une pointe à 75 km/h. Zamperla a complètement revu récemment le design de ses trains pour offrir plus de liberté aux passagers, et Spirou en bénéficie directement.
Un NebulaZ : un flat ride, toujours de Zamperla, avec son mouvement rotatif hypnotique.
C'est soit un coup de génie, soit un suicide financier. Pour un parc qui faisait 330 000 visiteurs l'an dernier, injecter des dizaines de millions dans une licence tierce, avec les royalties que ça implique, et dans du gros hardware, c'est quitte ou double.
3. Parc Astérix : RMC au chevet de Tonnerre 2 Zeus
Parfois, le plus grand défi de l'ingénierie n'est pas de construire, mais de sauver les meubles, ou plutôt de sauver le bois. Direction le Parc Astérix, dans une année de transition avant la grosse zone indoor Londinium prévue pour 2028. Transition de taille : RMC, le messie américain des coasters hybrides, débarque en France.
Ils sont venus sauver Tonnerre 2 Zeus. Construit par CCI en 1997, ce coaster était devenu une machine à distribuer des baffes, et le retrack précédent de Gravity Group n'avait pas suffi. Astérix a donc sorti l'artillerie lourde : le rail RMC 208.
Le principe : on ne touche pas à la structure en bois. On découpe la piste et on installe un rail en acier massif directement dessus.
Le chantier : 350 mètres retravaillés cet hiver, de la drop jusqu'au virage à 90°, et 180 mètres de plus l'hiver prochain.
Le résultat : le train ne vibre plus, il glisse. Le contraste entre le rail RMC et l'ancien rail en bois sur le reste du parcours est même devenu le nouveau sujet de discussion des puristes.
En parallèle, le parc peaufine ses détails : la zone Égypte est finalisée, l'Oxygénarium devient La Descente du Nil, et le parc prépare tranquillement son futur.
4. Futuroscope et Puy du Fou : l'offre qui se renouvelle, le calendrier qui s'allonge
Au Futuroscope, on déroule le plan Vision 2030 sans transpirer. Pas de gros coaster, mais une immense déambulation sensorielle de 20 minutes, La Serre des Mondes, et un nouveau film IMAX sur les T-Rex. C'est la force du parc : un rythme d'investissement constant qui renouvelle l'offre sans avoir à tout casser.
S'il y a un parc qui casse ses propres codes, c'est le Puy du Fou. Il n'a pas besoin de nouvelle attraction estivale : L'Épée du Roi Arthur fait le job, et le parc sort d'une année à 3 millions de visiteurs. Alors il s'attaque au calendrier.
Une ouverture pour Noël, du 19 décembre au 3 janvier. Opérationnellement, c'est un cauchemar : conditions climatiques, gestion des foules en hiver.
Le Mystère de Noël : un nouveau spectacle nocturne de 30 minutes, avec 120 acteurs devant 7 000 spectateurs dans le stadium gallo-romain.
100 chambres de plus à l'hôtel Le Grand Siècle.
C'est une machine de guerre capacitaire inarrêtable : des millions de visiteurs, des acteurs par centaines, l'industrie poussée à l'extrême.
5. Le PAL : 9 millions d'euros et pas un centime pour une montagne russe
À l'inverse, il existe un modèle hybride au tempo beaucoup plus naturel, qui cartonne tout autant. Le PAL, 6e parc de France, 700 000 visiteurs en plein cœur de l'Allier, met cette année 9 millions d'euros sur la table, sans rien consacrer à une montagne russe.
La grosse nouveauté, c'est Le Delta des Éléphants : 2 hectares entièrement repensés pour les pachydermes, avec un système de bassins filtrés par les plantes et un espace de baignade où les visiteurs voient les éléphants nager depuis des gradins. Pourquoi en parler sur cette chaîne ? Parce que le PAL prouve qu'on n'a pas toujours besoin de tordre de l'acier pour faire de l'immersion : ici, le hardware, c'est l'ingénierie zoologique. C'est aussi le passage de flambeau à la troisième génération, avec Charles Bennet qui prend la direction.
6. Le « cheat code » Vekoma : Fraispertuis City et Festyland
Avoir de l'espace comme au PAL, c'est le luxe ultime. Mais comment investir massivement avec seulement 5 minuscules hectares coincés dans une vallée ? Direction les Vosges.
Fraispertuis City fête ses 60 ans. Ce parc familial de 300 000 visiteurs, qui défie toute logique financière, s'offre un Family Boomerang du constructeur hollandais Vekoma. Ce modèle, c'est le cheat code absolu de l'industrie régionale : on part en arrière, on fait le parcours, on monte sur une flèche et on refait tout en sens inverse. Très peu d'emprise au sol, et des sensations géniales dès 95 cm. À Fraispertuis, le parcours de 208 mètres a été taillé au millimètre, au chausse-pied, avec une flèche de 28 mètres cachée dans un faux séquoia et un wagon PMR.
La preuve que Vekoma a trouvé la formule magique : à l'autre bout de la France, le parc normand Festyland inaugure Valkyrie. Même famille de coaster, même constructeur, mais un tracé bien plus étendu de 460 mètres. Deux parcs aux contraintes topographiques totalement différentes, une solution trouvée dans le même catalogue.
7. La méthode Aspro : Walygator et les organes d'Oakwood
Acheter un coaster neuf chez Vekoma, c'est sain. Mais connaissez-vous la méthode Aspro ? En mars 2025, le groupe Aspro a fermé définitivement Oakwood, son parc au Pays de Galles. Et au lieu de signer des chèques chez Mack ou Intamin pour ses parcs français, il a littéralement démonté le parc gallois pour en redistribuer les organes. Du recyclage industriel à grande échelle.
Walygator Sud-Ouest récupère Speed: No Limits, un Euro-Fighter Gerstlauer de 600 mètres avec une drop verticale plongeant au-delà des 90°. Il est rebaptisé Titan.
Walygator Grand Est récupère l'ancien petit coaster Zierer d'Oakwood, qui débarque sous le nom de Caicos Expédition.
Soyons justes : pour le visiteur de passage, Titan est objectivement une énorme machine, surtout dans un parc qui manquait cruellement de montagnes russes à sensation. Gerstlauer, montée verticale, 95 km/h : ça va envoyer. Et Aspro a ses arguments : le groupe affirme avoir injecté des dizaines de millions dans Oakwood avant d'être étranglé par l'inflation.
Mais avec un peu de hauteur, le schéma est clair : on ferme une structure, on la dépèce, et on utilise ses pièces détachées pour perfuser les parcs survivants du groupe, en vendant ça sur les affiches comme des nouveautés 2026. C'est de l'optimisation de crise, qui sauve les bilans comptables à court terme. Mais ce ne sont pas vraiment de nouveaux coasters. Et surtout, est-ce que ça construit un vrai avenir ?
(Précision ajoutée au montage : la thématisation de l'entrée de The Monster a été réalisée.)
8. Les pépites régionales en rafale
À l'opposé total de Walygator, il y a une anomalie absolue : le Jardin d'Acclimatation. Aucun problème foncier, pour la simple raison qu'il ne peut pas s'étendre : il est en plein Paris. Il lâche 2 millions pour une nouvelle zone Pirates et Corsaires, avec un family coaster et un bateau pirate qui s'incline jusqu'à 90°.
Place ensuite aux pépites régionales, celles qui posent de petits budgets mais ciblent juste :
Bagatelle s'offre North Storm, un Typhoon 360 de l'italien Technical Park : 33 mètres de haut et des inversions complètes. L'attraction parfaite pour les ados.
Le Parc des Combes accueille une bizarrerie d'ingénierie, le Bis2Fly, un prototype de Wave Twist de RES Rides où les nacelles tournent sur elles-mêmes en glissant sur les rails.
Kingoland s'équipe d'un Super Spin Zamperla, et OK Corral comme le Parc du Bocasse achètent chacun un immense Wild Swing chez ART Engineering.
Dennlys Parc et le Parc du Petit Prince ajoutent chacun deux petites attractions familiales (mini-tours de chute, manèges rotatifs) pour solidifier leur cible des moins de 10 ans.
Terra Botanica ouvre les 3 500 m² du Potager de Cléamolette, avec son parcours en tracteur, et Family Park se paie une vraie tour de chute libre de 40 mètres, la Gold Mine Tower.
On termine ce tour de France non exhaustif avec ceux qui embellissent l'existant : Vulcania lance Expédition Hawaï sur grand écran, Walibi Rhône-Alpes épaissit sa zone Exotic Island, et La Mer de Sable revoit intégralement sa programmation de cascades équestres. Mention spéciale à Nigloland, qui fait l'impasse sur le hardware cette année (chose assez rare pour être soulignée) mais ouvre Le Terrier, une immense zone de restauration immersive.
9. Ce qu'il faut retenir de la saison 2026
Nous venons de passer en revue la quasi-totalité de l'industrie française pour 2026. Trois leçons s'en dégagent :
Les constructeurs européens, Vekoma, Zamperla et Gerstlauer, n'ont jamais autant vendu en France.
Les petits parcs investissent comme des moyens, et les moyens prennent des risques de grands, Spirou en tête.
Derrière la façade magique, le business dicte sa loi, que ce soit pour effacer l'histoire d'un parc Disney ou pour transférer les manèges d'un parc gallois en faillite.
Si ce format vous plaît et que vous voulez la même chose pour les nouveautés européennes (en Europe, cette année, c'est un carnage absolu), dites-le-moi en commentaire. En attendant, les grosses vidéos du dimanche continuent : après Kingda Ka, place à Phantasialand.
Envie de faire le tour des nouveautés 2026 des parcs français en images ? Retrouvez l'enquête complète dans ma vidéo : Les nouveautés 2026 dans les parcs d'attractions français
Parzy
Créateur · Parzy
Créateur de cette vidéo. L'envers du décor des parcs d'attractions.
À voir ensuite

La maison hantée de Disney est née d’un désaccord
Quand on lui propose une maison hantée délabrée, Walt Disney refuse net : les fantômes s'occuperont de l'intérieur. Pourtant, à Paris, la façade pourrit exprès, et personne ne sourit. À Anaheim, elle est impeccable et on en sort en souriant. Même attraction, même entreprise, résultat opposé. Dans les années 60, deux hommes se sont affrontés sur ce que cette maison devait être, et Disney n'a jamais tranché : il a coupé la maison en deux. Près de 23 ans plus tard, une des deux moitiés a enfin obtenu la maison entière.

Puy du Fou : un parc qui ne ressemble à aucun autre
3 millions de visiteurs en 2025, zéro montagne russe, zéro grande roue, zéro manège : le Puy du Fou est passé devant le Parc Astérix en plantant ses salles au milieu du bocage vendéen. La passion et la Vendée n'expliquent pas tout. La vraie réponse est technique et tient dans un chiffre que personne ne cite : la capacité de ses salles, en places assises. Derrière, une décision de 1989, des machines cachées, 4 000 bénévoles, des critiques sérieuses et un pari à 700 millions d'euros au Royaume-Uni. Ce modèle survit-il à la Vendée ?

Walygator : Une journée catastrophique dans un parc
10h46. Cinquante-six minutes après mon arrivée à Walygator Sud-Ouest, je n'ai fait aucune attraction et je n'ai même pas commencé à faire la queue. En revanche, j'ai déjà payé 14 euros de casiers, croisé un tube de crème solaire à 26,90 euros et appris que je ne pouvais plus retourner à ma voiture. À quelques centaines de mètres, Titan, une montagne russe à 6 millions d'euros annoncés avec une chute à 97 degrés, est magnifique… et fermée. Je revenais pour redonner sa chance à ce parc. Chronomètre en main, voici pourquoi ce n'est pas le matériel qui rate une journée : c'est tout le reste.
